jeudi 2 septembre 2010 - n°864

Entretiens de Margaux : Ca commence aujourd’hui !

Jean-Pierre Denis, président d’Oseo jusqu’au 1er octobre, lors de la présentation des entretiens début juillet.©Julien Brumaud
Véritables « Davos de l’innovation », les entretiens de Margaux organisés par Oséo et le Conseil Régional Aquitaine débutent aujourd’hui. Une manifestation placée sous le signe de l’international et du développement durable « pour éclairer les politiques publiques ».
C’est aujourd’hui que débutent au cœur du vignoble du Médoc les premiers entretiens de Margaux. Il y sera peut-être question d’œnologie, mais plus sûrement d’innovation. Organisée par Oséo et le Conseil régional d’Aquitaine, cette manifestation de deux jours réunira des dirigeants d’entreprises, scientifiques, financiers, économistes, sociologues, personnalités politiques et spécialistes de l’innovation. Elle recevra également la visite d’un ministre, Hervé Novelli, secrétaire d’Etat aux entreprises et au commerce extérieur.
La vocation des entretiens de Margaux est de « favoriser l’émergence de propositions concrètes à même d’inspirer et d’éclairer l’action publique » en matière de soutien à l’innovation et aux entreprises innovantes. Ca tombe bien, le gouvernement semble peiner à prendre les décisions qui s’imposent dans la restructuration des outils dont il dispose pour mettre en œuvre sa politique publique : Oséo d’une part, l’Agence de l’innovation industrielle d’autre part. Dans un entretien publié par le journal Le monde début septembre, François Fillon avait annoncé la prochaine fusion des deux entités. Depuis, rien de concret n’a été précisé. Le premier ministre était annoncé à Margaux, l’occasion peut-être pour lui d’en dire plus sur ses intentions, mais il a décliné l’invitation au dernier moment.

Une parole libre mais structurée

Les entretiens est veulent permettre aux personnalités de « parler très librement politiques qui marchent, de la bonne façon d’aider les petites, les moyennes et les grandes entreprises à innover, à se différencier, à gagner en compétitivité », expliquait Jean-Pierre Denis, Président d’Oséo, début juillet. La parole sera bien libre, mais structurée. Premier axe fort : l’international. « Les travaux s’appuieront sur une démarche systématique de comparaison internationale qui permettra de nourrir et enrichir les travaux par des regards différents, voire de s’inspirer de pratiques développées avec succès chez nos voisins européens, aux Etats Unis ou encore dans les pays émergents » expliquent les organisateurs.
« Planète innovation »
, l’intitulé de la première table ronde d’aujourd’hui, résume cette ambition. Parmi les intervenants annoncés, l’économiste Philippe Aghion en visioconférence depuis l’université de Harvard, Esko Aho, le président du Sitra, ancien premier ministre de Finlande, co-auteur du rapport d’experts européens « créer une Europe innovante » (2006), Jean-François Dehecq, président de Sanofi Aventis, Thierry Gaiffe, président d’Ixsea, PME leader mondial des systèmes inertiels à fibre optique et de l’instrumentation océanographique, Jean Guinet, de la Direction de la science, de la technologie et de l’industrie de l’OCDE, Villoo Morawala-Pateli présidente directrice générale, Avesthagen (inde) et Charles Wessner, de la National Academy of Sciences (Etats-Unis).

L’innovation responsable au coeur des entretiens

Deuxième axe fort, le développement durable qui constitue désormais un moteur incontournable de l’innovation. Accès aux soins et à l’emploi, disponibilité des ressources énergétiques, préservation de l’environnement, diversité des évolutions démographiques et concentration urbaine, équité sociale et partage des connaissances… « L’application aux thématiques environnementales de projets de rupture technologique apparaît comme un objectif majeur",  expliquait fin juin Marc Dufau, chargé de l’environnement à la direction de l’innovation d’Oséo. « Le respect du développement durable dans nos logiques de croissance peut être vécu comme une contrainte ou comme un formidable déclencheur d’opportunités », d’autant que le thème traverse aujourd’hui l’ensemble des activités.

Les régions réclament leur part de responsabilié

Le rôle des régions dans la gestion des financements publics de l’innovation sera aussi au cœur des débats. Alain Rousset, président de la région Aquitaine et hôte de ces entretiens avait annoncé la couleur début juillet : « Les régions ont un début de compétence en matière de développement économique, des moyens faibles par rapport aux moyens des länders, des autonomies espagnoles, des provinces italiennes », en citant en exemple « cette réactivité, cette compétence mêlée des élus et du monde industriel dans les autres pays européens, leur façon de réagir vite, d’essayer de mailler toute la chaîne de l’innovation de son financement, de son accompagnement, de son ingénierie ».
Des débats riches, donc, avec au bout des entretiens jeudi après-midi, une restitution des travaux de Margaux.


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