jeudi 2 septembre 2010 - n°864

Reconversion : Une jeune mère révolutionne le porte-bébé

Stéphanie Berhamma a décidé de commercialiser ce porte-bébé créé pour sa fille à force d’être interpellée par des personnes intéressées par le concept.©Johannes Braun/Naja
Stéphanie Berhamma est l’inventrice d’un nouveau porte-bébé en coton et chanvre bio issu du commerce équitable. Cette jeune mère déçue par l’inconfort des porte-bébés classiques a réussi sa reconversion dans une entreprise éthique, ethnique et chic.
D’où vous est venue l’idée de créer ce porte-bébé ?

L’idée est née à la naissance de ma fille. Sachant que les porte-bébés classiques sont très mauvais pour le dos et la colonne vertébrale de l’enfant, mais également inconfortables pour le dos du parent, et passablement moches. J’avais donc opté pour l’écharpe africaine, mais ses quatre mètres de tissus se vite sont avérés encombrants. Il a donc fallu que j’invente mon propre système.

Il était donc avant tout destiné à votre usage personnel, comment en êtes-vous venue à le commercialiser ?

À force d’être interpellée par des gens qui trouvaient l’idée intéressante, qui me demandaient où trouver la même chose. À l’époque, je n’avais pas de travail, je sortais de plusieurs années dans la publicité. J’ai donc mis au point, notamment avec l’aide ostéopathes, ce que je voulais faire de ce produit. Puis j’ai fait appel à l’AETE. Ils m’ont réellement cadré et aidé, pour lancer mon entreprise, par une formation de chef d’entreprise. Et je bénéficie d’un suivi comptable sur deux ans. Ensuite, j’ai contacté des revendeurs potentiels, les premiers à répondre ont été Nature et Découverte, tout de suite très intéressés, ils étaient ravis de ma démarche. Un bon tremplin pour moi !

Ethnique, éthique et chic, expliquez nous ?

Ethnique, parce que je dois mon idée aux écharpes africaines. Éthique, le plus important pour moi, par le respect des principes de commerce équitable. J’emploie un atelier de confection à but social en Belgique, l’usine qui fabrique les tissus, en Chine, respecte les normes Iso 9001 et traite les eaux usées. Je suis également sur des pistes de développement vers le commerce équitable en Inde, et l’artisanat éthique en Afrique et à l’Ile Maurice. De plus les tissus sont transportés par bateau et non par avion, et confectionnés avec du chanvre, du coton bio, et des teintures sans métaux lourds. Jusqu’à l’emballage et le mode d’emploi, qui sont en papier issu de forêts gérées durablement et imprimés avec des encres végétales. J’essaie d’être logique jusqu’au bout dans ma démarche. Pour le côté chic, l’idée est de proposer des couleurs variées et d’élargir rapidement la gamme, parce que l’esthétique est importante pour les jeunes mères.


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