
Selon l’OMS, près de 80% des décès attribuables au diabète surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ©DR
La France comptait 2,5 millions de diabétiques traités en 2007, soit un taux de prévalence proche de 4 %, vient de révéler l’Institut de veille sanitaire. Les scientifiques profitent de la Journée mondiale du diabète, le 14 novembre, pour tirer la sonnette d’alarme : l’épidémie continue de progresser, dépassant même les prévisions récentes des experts. Les recherches redoublent à travers le monde pour lutter contre le fléau.
« L’épidémie de diabète continue inexorablement de progresser, dépassant les prévisions récentes des experts », s’inquiètent les auteurs de l’étude qui vient d’être dévoilée par l’Institut de veille sanitaire (IVS) dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Les données, recueillies à partir de l’analyse du remboursement de 56,5 millions de personnes du régime général, sont sans appel. Avec un taux de prévalence du diabète traité proche de 4 %, le fléau poursuit son développement dans l’hexagone, « même s’il faut tenir compte dans cette progression de l’augmentation probable de l’espérance de vie des malades et du développement du dépistage », précise l’IVS. Cette évolution est plus ou moins forte selon les régions, le diabète frappant particulièrement en outre-mer (La Réunion (7,8 %), la Guadeloupe (7,3 %) et la Martinique avec 6,8 %), mais aussi, en métropole (le quart nord-est et la Seine-Saint-Denis avec 5,1 %).
Pour le milieu médical, la réponse à cette épidémie passe avant tout par une stabilisation du surpoids et de l’obésité. « Ceci suppose de mieux maîtriser l’offre alimentaire, de maintenir un niveau d’activité physique raisonnable et d’engager des politiques adaptées aux populations à risque, notamment pour les plus de 60 ans, mais aussi dans les zones géographiques les plus concernées ».
Un adversaire redoutable
Instaurée par la Fédération mondiale du Diabète et l’OMS, la journée mondiale du diabète correspond à l’anniversaire de la naissance de Frederick Banting qui, avec Charles Best, a joué un rôle crucial dans la découverte de l’insuline, en 1922, hormone devenue indispensable pour lutter contre la maladie. L’OMS estimait en 2005 à plus de 180 millions le nombre de diabétiques dans le monde. « Si aucune mesure n’est prise, il est probable qu’il y en aura plus du double en 2030 », ajoute l’Organisation mondiale. Or, les conséquences sont lourdes pour la santé : risque important de maladies cardiovasculaires, d’accident vasculaire cérébral, de neuropathie, ou encore de troubles micro-angiopathiques pouvant conduire à la cécité (rétinopathie), à une insuffisance rénale chronique (néphropathie) ou à des troubles trophiques et des nécroses tissulaires, conduisant à l’amputation.
Les équipes de recherche doivent faire face à un adversaire redoutable qui a trouvé un terrain de développement de choix dans la société moderne où l’alimentation est souvent trop riche en graisses et en sucres.
Échecs et espoirs
L’éponge vient d’être jetée par trois laboratoires pharmaceutiques, Merck, Sanofi-Aventis et Pfizer, qui travaillaient sur des molécules anti-obésité dont les résultats ont finalement été jugées « inadaptées » en raison d’effets secondaires indésirables. Mais les recherches se poursuivent. Alors que des chercheurs américains annoncent la découverte d’une molécule de synthèse qui empêche à des souris de grossir malgré un régime surchargé en graisses, des Européens travaillent sur une nouvelle molécule capable de jouer un rôle clé sur le poids, la SRT1. Administrée à titre préventif, elle aurait déjà réussi à protéger des souris de l’obésité en dépit d’une alimentation riche, leur évitant ainsi un diabète de type 2, forme de la plus courante de la maladie.