Ouverte depuis le 15 juin, la 48e édition du Salon International de l’Aéronautique et de l’Aérospatiale, au Bourget jusqu’au 21 juin, est une fois encore la vitrine des avancées technologiques du secteur. Le monde de l’aéronautique est en effet engagé dans course à l’innovation aux accents écolos. Alors que le trafic aérien pourrait doubler d’ici à vingt ans, l’objectif de toute la chaîne, des grands groupes donneurs d’ordre jusqu’aux PME, est de réduire les impacts environnementaux des appareils ainsi que les nuisances sonores.
Réduire la consommation de carburants des appareils
Cet élan écologique est autant le fruit des évolutions réglementaires qui imposent des réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES) que de la volonté des constructeurs (avionneurs), équipementiers et motoristes de séduire les compagnies aériennes avec des avions économes en carburant. Alors que le secteur aéronautique est responsable de 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les deux leaders mondiaux de la construction, Airbus et Boeing, affichent leur ambition de réduire de 25 % la consommation de carburants des avions commerciaux d’ici 2020. Cette tendance n’est pas nouvelle puisque les différentes innovations ont déjà permis de diviser par deux la consommation de kérosène par passager en quarante ans, mais exacerbe désormais la concurrence mondiale.
Améliorer la performance des équipements
Les constructeurs misent notamment sur les performances des avions et notamment des moteurs. Safran et General Electric (GE), réunis au sein de CFM International, travaillent à l’élaboration des moteurs LEAP X, qui permettrait de réduire de 16 % la consommation de kérosène, et Open Rotor, moteur doté d’une double soufflante non carénée qui consommerait 25 % de kérosène en moins. Autre piste explorée et développée par les constructeurs et équipementiers : la conception d’avions plus légers. L’utilisation de matériaux composites, plus légers et plus performants, a ainsi tendance à se développer et une grande partie des PME présentes sur le salon propose d’ailleurs ce type de solution. Côté équipement, la tendance est également à l’amélioration des performances, avec un aérodynamisme des ailes repensé ou des fuselages intégrant des panneaux solaires.
Vers des biocarburants
Toujours pour réduire la consommation de carburant, différentes réflexions sont engagées sur l’optimisation et une meilleure gestion des temps de vols et d’atterrissage. L’Europe travaille à l’amélioration de la gestion du trafic aérien au travers du programme SESAR (Single European Sky Air Traffic Management and Research), dont les résultats sont attendus d’ici à 2020. De son côté Boeing planche sur une technique de descente rectiligne plutôt que par paliers, solution qui pourrait permettre une économie de 40 % de carburant à l’arrivée. Parallèlement, le secteur s’engage également du côté des biocarburants. Après avoir réalisé il y a quelques semaines un vol test avec un 747 classique alimenté par des biocarburants, Boeing estime que d’ici 2040, 50 % des vols commerciaux seront approvisionnés par des carburants verts.