jeudi 2 septembre 2010 - n°864

Biocarburants : L’aéronautique s’y met

En février dernier, un Airbus A380 alimenté par un carburant liquide dérivé du gaz (Gas to Liquids - GTL) a relié Filton (Royaume-Uni) à Toulouse. © Elsa Bellanger /Naja
Concernés par le prix du pétrole et les exigences environnementales, avionneurs et compagnies aériennes s’orientent vers des carburants alternatifs pour alimenter les avions. Carburants à base de jatropha, d’algues ou de gaz naturel : différentes pistes sont explorées par les acteurs du secteur.
Volatilité du prix du kérosène et nouvelles réglementations environnementales poussent le secteur aéronautique à réduire ses consommations de carburant et ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Si des avions plus légers et plus performants commencent à voir le jour, les industriels se tournent également vers les carburants alternatifs. Le jatropha, plante des régions semi-arides, les algues ou des mélanges à base de gaz naturel sont actuellement les principales sources étudiées.

Airbus choisit le GTL et les algues


En février 2008, Airbus a réalisé un premier vol d’essai de trois heures avec un A-380 qui reliait Filton (Royaume-Uni) à Toulouse. L’appareil était alimenté par un nouveau carburant liquide dérivé du gaz (Gas to Liquids - GTL), obtenu en transformant le gaz de pétrole, de charbon ou de la biomasse, en un carburant liquide. Au final, le carburant alternatif utilisé était composé de 60 % de kérosène classique et 40 % d’essence synthétique GTL. Paralèllement, Airbus étudie également la piste des algues comme source d’énergie issue de la biomasse non alimentaire. L’avionneur estime que les carburants alternatifs pourront satisfaire jusqu’à 30% du besoin total en carburant de l’aviation civile d’ici 2030. De son côté, Boeing s’oriente vers le biocarburant de deuxième génération à base de jatropha.

Boeing préfère le jatropha


Après avoir lancé, en septembre 2008, le « Sustainable aviation fuel users group », un groupe de travail destiné à l’évaluation des cultures et à l’étude des impacts économiques et des technologies de transformation, l’avionneur a signé une charte avec plusieurs compagnies aériennes. En décembre dernier, la compagnie Air New Zealand a fait voler un de ses Boeing 747-400 équipé d’un RB211 (Rolls-Royce), à différentes altitudes et dans différentes conditions opérationnelles. L’appareil était alimenté par un mélange composé à 50 % de kérosène classique et 50 % de carburant issu de jatropha. Selon la compagnie, ce mélange permettrait, sur un vol de 12 heures, d’économiser 1,43 tonnes de carburants et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 60 à 65 %. La compagnie néo-zélandaise espère convrir 10 % de ses besoins avec des carburants alternatifs d’ici 2013.


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