Volatilité du prix du kérosène et nouvelles réglementations environnementales poussent le secteur aéronautique à réduire ses consommations de carburant et ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Si des avions plus légers et plus performants commencent à voir le jour, les industriels se tournent également vers les carburants alternatifs. Le jatropha, plante des régions semi-arides, les algues ou des mélanges à base de gaz naturel sont actuellement les principales sources étudiées.
Airbus choisit le GTL et les algues
En février 2008, Airbus a réalisé un premier vol d’essai de trois heures avec un A-380 qui reliait Filton (Royaume-Uni) à Toulouse. L’appareil était alimenté par un nouveau carburant liquide dérivé du gaz (Gas to Liquids - GTL), obtenu en transformant le gaz de pétrole, de charbon ou de la biomasse, en un carburant liquide. Au final, le carburant alternatif utilisé était composé de 60 % de kérosène classique et 40 % d’essence synthétique GTL. Paralèllement, Airbus étudie également la piste des algues comme source d’énergie issue de la biomasse non alimentaire. L’avionneur estime que les carburants alternatifs pourront satisfaire jusqu’à 30% du besoin total en carburant de l’aviation civile d’ici 2030. De son côté, Boeing s’oriente vers le biocarburant de deuxième génération à base de jatropha.
Boeing préfère le jatropha
Après avoir lancé, en septembre 2008, le « Sustainable aviation fuel users group », un groupe de travail destiné à l’évaluation des cultures et à l’étude des impacts économiques et des technologies de transformation, l’avionneur a signé une charte avec plusieurs compagnies aériennes. En décembre dernier, la compagnie Air New Zealand a fait voler un de ses Boeing 747-400 équipé d’un RB211 (Rolls-Royce), à différentes altitudes et dans différentes conditions opérationnelles. L’appareil était alimenté par un mélange composé à 50 % de kérosène classique et 50 % de carburant issu de jatropha. Selon la compagnie, ce mélange permettrait, sur un vol de 12 heures, d’économiser 1,43 tonnes de carburants et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 60 à 65 %. La compagnie néo-zélandaise espère convrir 10 % de ses besoins avec des carburants alternatifs d’ici 2013.