jeudi 2 septembre 2010 - n°864

Inra : La grippe dans le collimateur des chercheurs

Les chercheurs de l’Inra travaillent actuellement sur l’influenza animale comme les grippes porcines et aviaires ©DR
Le nouveau virus grippal de type H1N1, essentiellement d’origine porcine, apparu au Mexique et aux USA en mars 2009, a remis en lumière le risque de pandémie de grippe humaine lié, à l’origine, au monde animal. L’Inra développe de nouvelles recherches pour mieux connaître l’évolution des génomes et des structures des protéines des virus. Objectif : mieux comprendre les mécanismes qui les lient aux cellules, étudier l’épidémiologie « et mettre au point de nouvelles stratégies vaccinales ». La santé animale et humaine dépend étroitement du succès de ces travaux.
Les grippes aviaires puis porcines ont fait trembler les acteurs de la santé à travers le monde. Une contamination à l’homme pourrait, à terme, avoir des conséquences catastrophiques avec une éventuelle mutation des virus, selon l’OMS qui tire régulièrement la sonnette d’alarme craignant l’apparition d’une pandémie mortelle, aux conséquences encore bien plus graves que celles de l’actuelle épidémie de grippe A (H1N1). D’où l’intérêt du travail des chercheurs de l’Inra qui tentent de mieux comprendre les virus pour lutter efficacement contre leurs apparitions et leurs effets chez les animaux et l’homme.

Une piste contre le virus H1N1

Des équipes de l’INRA et de l’Inserm ont ainsi fait une découverte cet été qui pourrait constituer une piste importante vers un nouveau traitement contre la grippe A (H1N1). Les chercheurs ont montré qu’une protéine membranaire, appelée PAR2, peut jouer un rôle protecteur lors d’une infection par le virus. L’activation de ce récepteur, maillon important du système immunitaire, a induit chez la souris une production accrue de cytokines qui neutralisent le virus en bloquant sa réplication. Des études complémentaires sont encore nécessaires pour vérifier l’efficacité de ce rôle contre les multiples souches du virus .
Les recherches contre l’influenza sont conduites essentiellement au sein du département « Santé animale » de l’Inra. Elles s’appuient également sur les centres Inra de Jouy-en-Josas, Clermont-Ferrand, Montpellier, Tours (qui dispose d’une plate-forme d’infectiologie expérimentale) et de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (Inra). Elles sont confortées par différentes collaborations avec plusieurs organismes comme le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), l’Institut Pasteur, le CNRS, l’Inserm ou encore la Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Agriculture et de la pêche (DGAL). Une partie de ces travaux s’inscrit dans des coopérations et des programmes européens (6e et 7e programmes cadres de recherche développement) et dans deux programmes de l’Agence nationale de la recherche (ANR). 

Les oiseaux sauvages vecteurs des virus

Contrairement à d’autres maladies, la grippe est causée par des virus qui évoluent continuellement par mutation et par réassortiment de leurs segments géniques (le génome viral est constitué de 8 segments d’ARN). Parmi les protéines virales, les deux glycoprotéines de surface, l’hémagglutinine (HA) et la neuraminidase (N), sont les principaux inducteurs d’anticorps chez l’hôte infecté. À ce jour, 15 sous-types différents d’hémagglutinine et 9 de neuraminidase ont été identifiés chez les virus aviaires et de mammifères. Tous sont présents chez les oiseaux sauvages. Seuls, les virus qui portent les HA de sous-type HA1, HA2, HA3 se sont pour l’instant établis avec succès chez l’homme, provoquant à chaque fois une pandémie majeure (H1 en 1918 avec la grippe espagnole, H2 en 1957 avec la grippe asiatique, H3 en 1968 avec la grippe de Hongkong).
Le virus de la grippe aviaire H5N1 a, par exemple, été retrouvé pour la première fois chez l’homme à Hongkong en 1997. Il a depuis tué 248 personnes (pour 394 cas d’infection), conduisant à l’abattage de millions de poulets et de palmipèdes. Si la transmission de ce virus au porc a souvent été évoquée, la preuve formelle n’a pas encore été rscientifiquement confirmée bien que des porcs aient été signalés comme porteurs. Dès 2004, des cas de grippe H5N1 féline (chat, tigres et panthères dans des zoos), ont été répertoriés. Des cas de transmission interhumaine familiale ont même été signalés.


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