En plein débat public national sur les nanotechnologies, l’INERIS (Institut National de l’environnement industriel et des risques) publie son rapport scientifique sur la toxicité des nanoparticules et des nanomatériaux. « Les connaissances sur les dangers des nanomatériaux et nanoparticules sont aujourd’hui encore limitées : le développement des nanotechnologies ne peut se poursuivre sans une évaluation approfondie des risques pour l’environnement et la santé, notamment au poste de travail » estiment les auteurs du rapport, soulignant les « limites des méthodologies et techniques de caractérisation appliquées aux nanos. »
Des données insuffisantes
Le programme Nanoris, conduit par l’INERIS et intégré au programme européen NANOSAFE2 coordonné par le CEA et mobilisant 24 partenaires, a notamment étudié les risques d’auto-échauffement dans le cas des nanotubes de carbone. Les experts ont conclu que « plus le matériau est nanostructuré, plus il est sensible à la combustion et à l’explosion ». Dans le cas des nanoparticules d’aluminium, les chercheurs soulignent qu’elles pourraient « exploser de manière plus violente que l’hydrogène, gaz bien connu pour sa capacité à détoner. » Le rapport de l’INERIS souligne également l’absence « de données suffisantes pour estimer la probabilité et la gravité d’une explosion de nanopoudres. »