
La question du développement durable de plus en plus prégnante dans dans l’idéalisation que se font les individus de la voiture.©DDR
A partir de diverses études réalisées sur l’automobile, TNS-Sofres a cherché à savoir quels sont les ressorts qui vont permettre de faire évoluer l’objet automobile. Si on assiste a un glissement des valeurs et des modes de représentation des individus, la voiture devrait rester un objet de plaisir.
Que doit être une voiture aujourd’hui ? En regroupant des données issues de diverses études de TNS-Sofres, Guillaume Saint essaye d’éclairer les professionnels de l’automobile mais plus largement tous ceux qui s’intéressent aux systèmes de mobilité des personnes. Car, estime-t-il, « l’enjeu aujourd’hui est de passer de la voiture à vivre à la voiture vivable ». L’institut de sondage constate dans un premier temps que la voiture répond d’abord à des attentes incontournables, notamment elle constitue une réponse aux besoins de déplacements de la famille et reste disponible en permanence. Mais, certaines de ces valeurs restent ancrées dans l’imaginaire comme symbole de liberté individuelle et comme objet « statutaire » exprimant ce « qu’est l’individu ou ce qu’il veut démontrer ».
De ce fait, pour la plupart des personnes sondées « la voiture idéale » reste centrée autour des notions de plaisir individuel ou d’espace intimiste, « de solution absolue de mobilité individuelle ». Mais, les questions de la propreté, du recyclage des matériaux et de la pollution spatiale entrent aussi aujourd’hui dans cette figure idéale que se font les français. TNS en déduit que la voiture doit évoluer en prenant en compte ces préoccupations. Celle de la mobilité individuelle par exemple trouvera sa réponse dans la fluidité des déplacements dans les centres-villes. Cette dernière sera le résultat d’aménagements autour des offres de stationnement par exemple, mais aussi dans la possibilité pour l’automobiliste de se connecter à d’autres modes de transports, et aussi dans l’accessibilité en temps réel d’informations liées aux parkings disponibles, à l’état du trafic, etc.
Un objet qui doit s’ouvrir au monde
Par ailleurs, TNS estime que la voiture idéale, demain, devra savoir faire preuve de « simplicité et de minimalisme ». Puissance, équipements, dimensions, le juste nécessaire devra être disponible dans les véhicules standards, tout en laissant la possibilité aux individus d’accéder « au superflu ». La voiture est aussi perçue comme objet devant s’ouvrir sur le monde. Les sondeurs estiment que l’auto de demain devra de plus en plus permettre une visibilité réelle de l’environnement physique, mais que cette nécessité d’ouverture doit être élargie aux environnements virtuels : la voiture sera communicante. Parmi les besoins émergents figure aussi celui de la modularité des habitacles pour répondre aux diverses situations d’usage du véhicule, ou encore le besoin de personnalisation.
Enfin, si les questions liées au développement durable et à l’environnement sont prégnantes, Guillaume Saint estime qu’il ne faut pas demander « d’effort aux conducteurs », que les conditions de réalisation de déplacements propres « doivent venir des acteurs du monde de l’auto, et du transport » et enfin, que « le développement durable doit être intégré aux produits et services ».