Mieux comprendre les mécanismes de perception du goût de deux molécules sucrées, la saccharine, un édulcorant de synthèse, et la brazzéine, un édulcorant protéique naturel, est l’objectif poursuivi par un projet franco-allemand de recherche fondamentale baptisé Sweetprot. Alors que le marché des édulcorants (1,72 million de tonnes par an) s’élève à 1,4 milliard d’euros par an, ce projet pourrait ouvrir la voie au développement d’édulcorants naturels.
« L’originalité de ce travail est d’étudier les interactions entre les protéines sucrées et les récepteurs gustatifs par des approches à la fois biochimiques et cellulaires », explique Loïc Briand, chercheur au sein du Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation (CSGA) de Dijon, et co-responsable de Sweetprot avec le professeur Wolfgang Meyerhof du Deutsches Institut fûr Ernährungsforschung.
Un projet franco-allemand
Labellisé par le pôle de compétitivité Vitagora et financé notamment par l’Agence National de la Recherche (ANR) dans le cadre de l’appel à projets ALIA (Alimentation et Industries Agroalimentaires), ce projet, entamé en janvier dernier pour une durée de trois ans, réunit des chercheurs du Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation (CSGA) de Dijon et du Deutsches Institut fûr Ernährungsforschung de Potsdam-Rehbrücke.
Tandis que les chercheurs de Potsdam-Rehbrücke développeront des tests cellulaires à partir d’une technologie reposant sur l’utilisation de robots, ce qui lui permet d’obtenir des doses réponses sur la brazzéine et la saccharine, l’équipe dijonnaise sera chargée de la production de la brazzéine. « Cette brazzéine, nous la produirons en utilisant la levure Pichia pastoris, ce qui nous nous permettra aussi de changer certains acides aminés de la séquence, c’est-à-dire de produire des mutants et d’en observer l’impact sur le goût », précise Loïc Briand.